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LA
TERRE MANDARINE
Journal d'un voyage au Nord pour
déterminer la figure de la Terre, |
Entre Newton et Descartes, le Siècle
des Lumières voulut choisir. Newton, c'était la gravitation
universelle et aussi des principes qui prétendaient que la Terre
était aplatie aux pôles et renflée à
l'équateur, une Terre en forme de mandarine... Mais Newton était
anglais, donc un tantinet hérétique et contradicteur de surcroît
des idées de notre Descartes national. Il fut donc décidé
de mesurer qui avait raison du physicien anglican ou du mathématicien
catholique. Pour une autre raison aussi: le commerce et la guerre
réclamaient que les marins disposent de cartes exactes. Deux
expéditions quittèrent donc la France pour mesurer
la longueur d'arc de méridien. L'un en 1735 vers le Pérou
pour atteindre l'équateur (Gouin, La Condamine, Bouguer).
L'autre en 1736 pour la Laponie pour réaliser la même opération
près du cercle polaire. C'est le journal d'un des membres de cette
seconde expédition qui, tant par la bonhomie de son ton que par la minutie
de ses informations, la fît connaître dans ses moindres détails.
Il s'agit de l'abbé Réginald Outhier, de Besançon, que
présente plaisamment André Balland dans la Terre Mandarine.
Le périple polaire est dirigé par un personnage extraordinaire,
Pierre Louis Moreau de Maupertuis, mathématicien, âgé
de 38 ans. Expédition haute en couleurs, en bateau, à pied, à
cheval, en traîneau et même à dos d'homme, sans
oublier les moustiques... Réédité pour la première
fois, ce récit fait partager au lecteur le plaisir de ce voyage des académiciens
chez les Lapons