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LE BATEAU-IGLOO

Trois hivernages dans le Grand Nord
Bernard Klin et Dominique Duard
octobre 1994 - Arthaud
Broché avec photos couleurs en l et 4 de couverture, 15x24 cm
15 photos couleurs hors texte
324 pages,
ISBN 2-7003-1049-7

Depuis son enfance Bernard Klin rêvait de partir pour la baie d'Hudson. Ce forgeron breton construit donc un bateau en association avec un "ami", celui-ci le lui vole... Repartant de zéro, il s'expatrie, fait divers métiers pour économiser l'argent qui lui permettra d'acquérir LOTUS, un Etac 33, voilier en acier de dix mètres.
 En novembre 1988, à quarante ans, il largue les amarres en compagnie de Dominique Duard, infirmière en milieu psychiatrique. D'Oléron ils font voile vers Saint Pierre et Miquelon via La Martinique, les Bermudes et Halifax. Hivernage au Petit Baraquai de Saint Pierre afin de s'acclimater au froid et arrondir la caisse du bord. Ils gagnent ensuite Akulivik, en baie d'Hudson où ils hivernent à Bab's Bay, non loin de la communauté Inuit. En 1990-91, lorsque les glaces libèrent LOTUS, ils gagnent puis remontent la côte ouest du Groenland jusqu'à Ummannaq au voisinage duquel se déroule leur troisième hivernage, à Ikerasak. Enfin, en 1992, ils regagnent Oléron via l'Islande et la mer d'Irlande. Récit assez classique d'une croisière hors des sentiers battus puisque depuis quelques années la mode est plutôt aux hivernages en péninsule Antarctique. Une préface qui n'apporte rien (signée Jean Malaurie), logomachique comme il se doit : la première ligne en donne le ton : Un livre vrai. Et nécessaire. Dommage que les auteurs aient cru nécessaire de faire appel à un "nom" pour présenter leur expérience, certainement très enrichissante pour eux, plaisante à découvrir par les voyageurs en chambre mais qui n'a plus aujourd'hui le caractère exceptionnel qu'elle aurait eu il y a quelques décades. Depuis une vingtaine d'années une douzaine de voiliers français ont fréquenté l'Arctique, plus de trente l'Antarctique, une dizaine d'équipages ont hiverné dans les glaces ; certains n'ont pas jugé bon de publier leur aventure. L'un d'eux, surpris au détour d'un iceberg austral, m'a même demandé de taire leurs noms et celui du bateau : camarades de promotion fraîchement émoulus d'une école d'ingénieurs, ils terminaient une sorte d'année sabbatique pour faire le point entre copains avant de se lancer dans la vie active et de prendre femme !
 Cela n'ôte rien à l'intérêt du Bateau Igloo, lequel aidera certains à s'évader de leur morne quotidien.

AMAPOF Lettres
Mise à jour le 15 Décembre 1998