IMARRA de George de Caunes IMARRA - Aventures Groenlandaises,

par Georges de Caunes
Editions HOËBEKE - avril 1998 - Format 145x240 - 288 pages - 43 reproductions photographiques des premières expéditions au Groenland.
Broché - 
ISBN 2-84230-058-0 - 


Imarra - peut-être - expression fataliste des esquimaux, inspire le récit passionnant de Georges de Caunes, témoignage, livre d'aventure, de mémoire et de réflexion.

Envoyé spécial de la Radiodiffusion française, Georges de Caunes accompagne en 1948 la première mission Paul-Emile Victor au Groenland. Quittant la France au lendemain d'une guerre qui ne l'a pas épargné, Georges de Caunes découvre à trente ans “ un pays plus mystérieux que le Tibet ”. Enthousiaste, curieux de tout, le jeune journaliste est entouré de personnalités aussi singulières que celles de Samivel, Michel Pérez, Jean Malaurie et bien entendu Paul-Emile Victor, chef d'expédition et âme des missions polaires françaises.
D'emblée, Georges de Caunes se fait remarquer par la diversité de ses intérêts : il enregistre des chants traditionnels esquimaux, s'intéresse aux enjeux géostratégiques du grand Nord, et regagne Paris par le chemin des écoliers, vagabondant seul le long de la côte Ouest du Groenland. On le voit même, de passage à Copenhague, courir interviewer un Céline écumant de rage.
Georges de Caunes revient riche d'une enivrante liberté. Journaliste de radio, bientôt tenté par l'aventure d'une télévision débutante, il partage dans l'île Saint-Louis une bohème fraternelle qui unit les grandes signatures de la presse parisienne. Mais il repart vers les glaces dès l'été 1949, volontaire pour une mission à haut risque : parachuter, par -35° au dessus de la calotte glaciaire, des tonnes de matériel aux hivernants des Expéditions polaires.
Deux ans plus tard, abandonnant la présentation du premier journal télévisé, la sécurité et les promesses de la célébrité, Georges de Caunes quitte tout pour repartir dans le grand Nord, “ parce que si partir c'est mourir un peu, il y a une façon de mourir tout à fait qui est de rester chez soi en attendant la mort ”.
Georges de Caunes revendique le droit à l'incertitude, au "peut-être" - Imarra - des esquimaux. En 1951, membre à part entière des Expéditions polaires, il traverse le Groenland d'Ouest en Est à la latitude moyenne de 70° nord, lutte pendant des semaines contre le froid, le blizzard et la glace. Abrité dans un igloo au cœur du Groenland, participant à toutes les tâches de l'expédition, il livre le récit profondément authentique d'un homme qui se fait une haute idée de son métier de reporter. Engagé dans l'action, Georges de Caunes dresse des portraits vivants, plein d'humanité, des personnages qui l'entourent. Son "Imarra" est un "peut-être" empreint de discrétion et de modestie. L'aventure, l'exploration laissent aussi place au voyage intérieur, itinéraire intime d'un être secret, sensible et cultivé. Georges de Caunes témoigne avec chaleur, avec vigueur, de l'une de ses plus grandes aventures d'homme libre, pour qui l'incertain - Imarra - est l'expression même d'une infinie vivacité.
  Mais cet ouvrage intéressera aussi tous ceux qui ont suivi, depuis plusieurs lustres pour beaucoup d'entre nous, ce journaliste qui attire la sympathie. Et comme j'en fais parti, je ne résiste pas à l'envie de vous faire redécouvrir son parcours grâce aux quelques extraits ci-après du portrait paru dans Le Monde.
 Eternel marginal et étonnant voyageur de l'audiovisuel,il est doté d'un solide non conformisme. Au seuil de sa quatre-vingtième année, celui qui fut l'une des premières "stars" de la télévision est loin d'avoir tiré un trait sur son atypique carrière. Il a toujours d'autres  projets d'écriture et d'évasion.
 Car Georges de Caune est inépuisable, tant il a vécu de multiples vies. Apprenti juriste, précepteur, élève-officier, faux déserteur, gardien de la paix, vrai résistant, journaliste à tout faire, explorateur, comédien d'occasion, animateur d'émissions de variétés, publicitaire, présentateur "du" journal télévisé de 20 heures (quand il n'y en avait qu'un), naufragé volontaire, commentateur sportif, pensionnaire de zoo...
 Deux choses encore sur celui dont de Gaulle appréciait les impertinences et Mitterand utilisa les services pour améliorer ses prestations télévisées.
 Homme désabusé, G. de Caunes n'a pas manqué de mettre en exergue d'un des chapitres d'Imarra  ces mots de Charles d'Orléans: "Le monde est ennuyé de moy et moy pareillement de lui".
 Enfin, il avait imposé son chien sur le plateau du "JT", ce qui contribua beaucoup à sa célébrité. N'aurait-il pas, là, péché par immodestie ? Encore une fois, il a le dernier mot: " Eider attirait la caméra afin qu'elle ne s'attarde pas sur la tête de l'homme pendant qu'il parlait de la connerie des hommes".

(d'après l'Editeur, Le Monde-TRM du 11/17.05.98, et BDL)

Mise à jour le 15 Décembre 199830-01-2002