LA 50ème LETTRE de L'AMAPOF





Sommaire de la lettre 50

 

Le choc des photos

Nouvelles familiales

Nouvelles de l'AMAPOF
Compte rendu de l'assemblée générale
Rencontres régionales 2001
Anniversaires
Dans le courrier reçu
Cotisations

Nouvelles de l'AAEPF
Éditorial
Visite du capitaine T. Torgersen

Actualités
Distinctions
Départ en retraite
Le colonel Genty à l'honneur
Patrimoine
Nouvelle Association : Pourquoi pas l'Antarctique
2e ascension du Mt Ross à Kerguelen
Mot d'humeur!
Lu dans la presse

Nouvelles des TAAF et de l'IFRTP
NOUVELLES ADMINISTRATIVES
- Environnement et prospective dans les TAAF .
NOUVELLES MARITIMES
- Brest, ville phare de l'océanographie
- LA CURIEUSE au chantier naval de Maurice
- CAP BOURBON nouveau bateau pour la SAPMER
- L'ALBATROS pour entretin àBrest
- A Heard : Les pillards des mers australes
- Calendrier des navires
DU CÔTÉ DE LA RECHERCHE
- Campagnes océanographiques
- CNFRA
- Campagnes océanographiques
- L'otarie de l'île d'Amsterdam
NOUVELLES DES BASES
- Jean, adepte des manips aux Kerguelen
ACTIVITÉS RADIOAMATEUR DANS LES TAAF

À l'ordre du jour
Les Evenks de Sibérie

Arctique
Relance de la recherche française en Arctique
Le passage du Nord-Ouest
Rencontre épique de brise-glaces scentifiques
Une équipe germano-américaine atteint le pôle Nord
Mot d'humeur

Antarctique
Un nouvel antigel biologique grâce à un poisson polaire
Les manchots empereurs, baromètres des changements climatiques
Lu dans la presse

Librairie

Le Manchot déchaîné
Un marathon organisé sur le plateau polaire
Humeur

Histoire
Il y a ... 180 ans - Voyage de la PETITE HENRIETTE à Kerguelen (suite)
Il y a ... 100 ans - A Kerguelen : le premier hivernage scientifique
Il y a ... 65 ans   - Les EFT au Groenland
Il y a ... 50 ans -   A Kerguelen : le premier établissement permanent (suite)
II y a ...50 ans -A Kerguelen : arrivée de la relève pour le deuxième hivernage
A propos d'une médaille, de Charcot et de l'Académie de Marine
A propos de Rockall

Nécrologie
Françis PERRIER
Roger PASCAL
Jean DORSTt

Philatélie

Boutique

Adresses utiles

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PRÉSENTATION DE LA 50ème LETTRE

Mon intention, en commençant cet éditorial, était d'évoquer les noces d'argent de notre association qui fête son 25ème anniversaire, et comme il est d'usage en pareille occasion, de vous inviter, à vous pencher sur son passé, fait de liens d'amitié, de générosité, et aussi de mémoire, de la fierté d'avoir participé à une aventure hors du commun aux confins de la vie sociale, de l'hostilité du climat et de l'isolement, d'évoquer aussi le plaisir, de nous retrouver périodiquement, lors des rencontres régionales ou aux assemblées générales annuelles.
C'était l'occasion de remercier et de rendre hommage à ses fondateurs pour leur esprit de dévouement et de fraternité qui les a conduits à inscrire la solidarité dans nos statuts.
C'était aussi vous informer sur l'avancement du projet de livre regroupant vos récits relatifs à des évènements vécus au cours de vos séjours dans les TAAF. Ils commencent à nous parvenir encore trop peu nombreux, à mon gré. Ils témoigneront de l'histoire récente des TAAF et seront édités dans le cadre de la commémoration du 25ème anniversaire, avec un peu de retard s'il le faut, pour vous donner un peu plus de temps pour écrire.
C'était enfin l'occasion d'évoquer l'avenir de l'AMAPOF, celui du Territoire et des organismes qui, malgré quelques problèmes d'environnement, y oeuvrent avec talent.
Et bien d'autres réflexions jubilatoires comme il se doit pour célébrer un anniversaire.

Mais voilà... en cette fin de la première année du troisième millénaire, les événements planétaires que nous vivons rendent apparemment un peu dérisoires nos préoccupations « amapofiennes » . Ainsi le terrible attentat terroriste de New York nous plonge dans la stupeur et l'indignation : l'inconcevable devient réalité. Ainsi les bombardements en Afghanistan vont inévitablement, avec l'hiver, provoquer l'exode de populations déjà durement éprouvées par la sécheresse et la dictature de religieux à l'intégrisme intolérable. Ainsi les agressions bactériennes aux USA font resurgir la menace du fléau des grandes épidémies d'antan que l'on pensait éradiquées à tout jamais. La succession de tous ces événements nous donne l'impression d'une accumulation de catastrophes insupportables.
Elles semblent s'inscrire comme une suite logique des évènements qui, depuis quelques décennies, ne cessent de nous interpeller, comme les modifications des climats, l'amenuisement de la couche d'ozone, le sang et les hormones de croissances contaminés, les vaches folles, les licenciements injustifiés, la violence à la TV., et dans les cités.
Ces événements montrent que les équilibres dynamiques, sensibles aux facteurs des environnements physiques, sociaux,économiques, psychologiques, sur lesquels repose le fonctionnement de notre civilisation sont en train de se détériorer, parce que de plus en plus ignorés ou négligés.
Les causes sont vraisemblablement trop multiples et complexes et les effets parfois trop contradictoires, pour être justifiés en quelques lignes. On peut toutefois avancer quelques arguments de bon sens pour tenter de comprendre.
L'Homme doté d'un comportement génétique hérité de son animalité a trop tendance à exploiter son environnement au-delà de ses besoins individuels. Sous la pression du progrès scientifique et du développement des techniques, le monde rapetisse. Les distances se comptent désormais en temps. Le « village » s'enrichit, mais ses habitants ne jouissent pas des mêmes avantages et des mêmes droits. Pourtant les échanges, la croissance, les profits s'ils sont bien utilisés sont de nature à favoriser les progrès sociaux, le développement de la connaissance, le bien être des citoyens, la Paix. Le monde occidental malgré ses tensions internes reste une oasis de richesse dans un océan de misère.
L'augmentation des tensions engendrées entre les individus, les classes sociales, les nations, sont susceptibles de provoquer des déferlements irréversibles dont nous commençons à vivre les effets.
La croissance ne doit pas affecter les équilibres dynamiques et fragiles qui font de notre Terre une planète bleue qui a donné naissance à la vie, qui s'est développée non sans mal, et de laquelle l'esprit tente de se dégager convulsivement dans la douleur. Unique dans le système solaire, probablement rare dans l'espace galactique où elle est placée. Nous sommes appelés individuellement selon notre libre-arbitre, qui tourmentait tant Blaise Pascal, à la préserver.
Dieu semble avoir bien du mal avec notre espèce pour le faire accéder à l'intelligence consciente qui la distingue de l'animal. 11 ne s'agit peut-être que d'une crise d'adolescence puisque les premières manifestations « humanoïdes » ne datent que d'un million d'années ce qui est peu au regard des quatorze milliards d'années de l'évolution. Qu'attendons nous pour l'aider à (nous) en sortir?
Il est cependant réconfortant de rencontrer des hommes et des femmes de bonne volonté qui travaillent pour le progrès et la connaissance, pour la compréhension des équilibres fragiles de l'environnement afin de mieux le protéger, qui se préoccupent de l'avenir et de la sauvegarde de notre espèce.
Je citerai deux rencontres récentes qui peuvent paraître insignifiantes eu égard à la gravité des évènements évoqués au début de cet article, parce qu'elles intéressent l'avenir lointain de l'Homme, au-delà de la durée de nos vies individuelles.
Comme vous le savez notre Assemblée Générale à Brest s'est déroulée dans les locaux de l'IFRTP mis aimablement à la disposition de lAMAPOF par son Directeur Monsieur Gérard Jugie, que je remercie chaleureusement à cette occasion, pour nous avoir accueillis et guidés personnellement à travers les multiples recherches effectuées dans son établissement.
Au cours de cette visite, j'ai pu apprécier les progrès du projet « Concordia » , à l'origine franco italien, devenu quasiment européen, et maintenant international avec la participation active d'équipes américaines. Cette ouverture témoigne de l'intérêt des recherches sur l'étude de l'évolution des climats et de l'atmosphère, qui y seront effectuées, grâce aux carottes forées dans la glace accumulée depuis 500000 ans environ sous le dôme C. L'utilisation de ce site, proposé pour l'étude du stress dans des conditions d'isolement et de confinement on ne peut plus extrêmes sur des groupes d'individus, pour simuler les effets du stress pendant un voyage vers Mars, est particulièrement pertinente. Ce site est en effet un des seuls où les hiver-nants seront, quoi qu'il advienne, hors de portée d'intervention pendant la longue nuit de l'hiver polaire.
La deuxième rencontre que je voulais vous rapporter a eu lieu quelques jours plus tard, au cours d'un colloque sur le stress en environnement extrême, organisé par PESA à Toulouse. En dehors des exposés destinés à faire le point sur l'expérience acquise par les nombreux organismes habitués à travailler dans les milieux hostiles, les débats ont été consacrés à l'importance de la prise en compte des facteurs humains dans l'évaluation et la faisabilité d'un voyage à destination de Mars. Les conclusions ne sont bien sûr pas définitives ni concluantes devant l'importance la complexité et le nombre des problèmes à résoudre. Cependant, à mon point de vue, la démonstration, de la faisabilité du projet en prenant en compte les connaissances actuelles et celles à venir, et la définition des motivations, sont un préalable nécessaire à la plus grande adhésion de la communauté scientifique mondiale et des populations de notre planète. La colonisation de Mars, pour diviser par deux le risque de collisions avec les corps célestes qui traversent périodiquement le système solaire en menaçant d'anéantir l'Homme et sa civilisation, me parait de nature à intéresser le plus de monde à ce projet. Ce serait en tout cas un bon test pour évaluer l'importance que l'Homme attache au devenir de sa descendance et à l'espèce à laquelle il appartient. L'intérêt pour sa réalisation, qui s'étendrait sur les deux ou cinq prochains siècles montrerait au moins que nous serions capables d'assez de générosité pour résoudre d'abord les problèmes qui nous empoisonnent aujourd'hui. En attendant il est toujours encourageant de rencontrer des individus qui s'y intéressent.
En pensant avoir réussi à vous avoir entraînés, le temps de la lecture de cet article, du cauchemar actuel à l'anticipation d'un rêve un peu naïf; peut être irréaliste, dans lequel « Concordia » aurait un rôle à jouer, j'espère vous avoir un peu distraits et vous avoir suggéré l'Espérance.
Je vous adresse, pour vous et votre entourage, au nom du bureau de l'AMAPOF mes voeux les meilleurs pour l'année 2002, faits du bonheur de ne pas manquer de l'essentiel c'està-dire de satisfaire vos besoins matériels, affectifs, d'avoir la meilleure santé possible, et par-dessus tout la chance de retrouver la paix, favorisée par notre générosité.

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René Bost
Président de l'AMAPOF